Tribune d’EGC – mai 2017

Retrouver la souveraineté

Par le haut, dilution des principes de l’État républicain par la construction européenne ; par le bas, casse des principes démocratiques de la décentralisation (assassinat de la Camy par GPS&O). La souveraineté n’en finit pas de se perdre.

L’effort d’une « communauté » de se rendre maîtresse de son destin par la puissance de décider collectivement : voilà la souveraineté politique, c’est-à-dire la démocratie elle-même, seule puissance collective opposable aux puissances privées démesurées qui nous asservissent !

Il faut la reconstruire, tant au niveau national que local.

Joël Mariojouls (Ensemble pour une gauche citoyenne)

Tribune d’EGC – février 2017


FAIRE FACE A L’AVENTURISME.

Voilà plus d’un an qu’a été mise en place la Communauté urbaine GPS&O à la place de la Camy. Elle ne cesse d’afficher au grand jour son incompétence. Ses orientations sont aventureuses, peu soucieuses des besoins de ses 405 000 habitants, avec des incidences incertaines pour les communes devenues plus dépendantes.

Ainsi, pour la première fois depuis bien longtemps, notre Ville a dû différer son Débat d’orientation budgétaire en février et le vote de son propre budget en mars dans l’attente de choix communautaires indécis.

Un contrôle citoyen de ces dérives s’impose.


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Tribune d’EGC – janvier 2017

Fin du Mantois.

Le 1er janvier 2016 a signé la fin de 50 ans d’intercommunalité : la Camy a été remplacée par la Communauté urbaine GPS&0 qui réunit 73 communes de Rolleboise à Achères.

Le groupe «Citoyens pour un territoire solidaire et écologique» voit se détruire tout ce qui a été patiemment construit dans notre bassin de vie. Des territoires éloignés, sans passé commun, sont mis en concurrence; la dégradation des conditions de travail et de rémunération des agents préfigure celle des services publics. Sans fonctionnement démocratique.

Puisse notre territoire retrouver vie et raison en 2017.

Nathalie Coste (Ensemble pour une gauche citoyenne)

GPSO mai 2016 : comme si vous y étiez

GPSO mai 2016 : comme si vous y étiez

Annuler RÉSUMÉ POLITIQUE DU FONCTIONNEMENT DE L’INSTITUTION

1- Le Conseil communautaire prend son rythme de croisière. Destination : épuiser conseillers, journalistes et public par une torpeur savamment entretenue. Plus chiant, tu meurs ! (Vive la télé ! Au moins, il y a de la couleur! )

2- Le traitement des élus ne respecte pas les règles de convocation en matière de délais : 5 jours francs avant le Conseil. Les fichiers ont été reçus lundi matin (2 jours francs) et la version papier à aller chercher à la poste…parfois la veille. Si ce n’est pas une décision volontaire, cela y ressemble. Pour ce Conseil du 12, les fichiers ont été envoyés à la poste le 6 (5 jours francs) : pourquoi ne sont-ils pas envoyés – via une plateforme – en même temps aux conseillers ? [ Réponse : « la prochaine fois » ]

3- La majorité des 5 commissions ne s’est pas réunie : pas de point à l’ordre du jour est-t-il dit, alors que ce serait l’occasion de réfléchir (dans le cas de la commission environnement, elle aurait dû se réunir. Cf. ci-dessous).

4- A plusieurs reprises les conseillers se sont plaints de ne pas être informés de questions pourtant importantes, vues de l’extérieur. Les décisions sont prises en bureau (dont 3 PC et 1 PS) composé du président, des 15 vices-présidents et de 6 délégués). Certains se plaignent de ne pas être associés au travail de construction de la décision alors que les 107 conseillers sans responsabilité sont payés 524 euros par mois.

5- Concernant le procès verbal des séances précédentes, manquent beaucoup d’informations : absence des votes des amendements ; absence des orientations politiques suivies, en particulier lors du Débat d’orientation budgétaire ; absence de présentation de l’exposé des motifs  des principaux votes ; le contenu des débats est très mal résumé et ne peut être compris par les citoyens.

6- Les règles du code des collectivités territoriales ne sont pas respectées.

Exemple 1. Une DSP (délégation de services publics) sur la gestion des piscines (du Mantois) est votée ; nécessairement la Commission locale des services publics locaux (CLSPL) doit se réunir auparavant : cela n’a pas été fait. En toute rigueur, un recours au tribunal administratif annulerait la décision.

Exemple 2. Le vote est fondamental dans une assemblée délibérante. Or, le comptage est farfelu et n’est pas assuré correctement. En particulier parce que les mouvements des conseillers n’est pas comptabilisé (sorties et rentrées doivent être comptabilisées pour s’assurer que le quorum est respecté). En seconde partie de soirée, après une pause (qui devait durer 1/4 d’heure et qui a duré 35 minutes) beaucoup de conseillers sont partis sans remettre de pouvoir, leur départ n’a pas été pris en compte.

RÉSUMÉ POLITIQUE DU RAPPORT DE FORCES LOCALES

1- Le groupe Citoyen pour un territoire solidaire et écologique (CTSE), composé de 4 élus (Nathalie Coste, Ensemble pour une Gauche Citoyenne ; Ghislaine Senée, EELV ; Alain Outreman, PCF ; Servane Saint-Amaux, PCF), est en rupture et en opposition avec la logique institutionnelle qui étouffe la démocratie citoyenne. Elle est minoritaire et, bien que vaillante, a du mal à faire entendre sa voix. Elle soutient Nuit debout.

2- le groupe ISO (Indépendant Seine et Oise) est le groupe le mieux organisé, au point sur les dossiers et offensif. Il est composé de 20 membres. Il est indigné par la manière dont la démocratie formelle est bafouée. De centre droit, il tente ainsi de contrer le groupe Bédier-Tautou dit AGPSO (Agir pour GPSO) qui contrôle toute l’institution. L’influence de l’UDI et de la logique des rapports avec LR (c’est-à-dire entre partis qui concourent à l’expression des suffrages lors des élections nationales ou locales) explique sans doute son incapacité à envisager la possibilité réelle de faire de la politique avec les citoyens.

3- Le groupe Démocratie et Solidarité est composé de la gauche institutionnelle (PCF avec Eric Roulot, Michel Lebouc, Dominique Bouré… ; PS  avec Monique Brochot, Rarma Sall…; divers gauche avec Garay, maire des Mureaux ; …). Il s’est allié avec la droite non démocrate de Bédier-Tautou, considérant qu’il était possible de peser dans le bureau, organe exécutif, avec le président. Il a donc jusqu’ici voté contre les propositions démocratiques et citoyennes proposées par le groupe Citoyen (CTSE).

Il se retrouve progressivement devant ses contradictions. Il s’est abstenu hier soir pour la première fois sur la délibération n°12 concernant une convention avec l’association pour un développement agricole durable…Il faut dire que Bédier-Tautou y sont allés fort ! La convocation de la « commission environnement durable » qui devait discuter de cette délibération a été annulée. Il faut savoir qu’elle est présidée par Eric Roulot, 7ème vice président à l’environnement, au développement durable et à l’espace aquatique, maire communiste de Limay. Eric Roulot, aux dires du représentant du groupe Démocratie et Solidarité qui a pris la parole, « n’a pu s’exprimer à ce sujet ».

Il me semble qu’un tel déni de démocratie aurait au moins mérité un vote contre (évidemment quand on est dans l’exécutif, c’est compliqué).

Bref, du côté du centre (de la droite) comme de la gauche institutionnelle, il semble qu’il y ait peu d’espoir à voir émerger des soutiens à la démocratie citoyenne : si les mouvement citoyens et Nuit debout ne parviennent pas à être crédible, la politique comme domaine réservé des élus et des experts et comme produit des logiques de partis a de beaux jours devant elle !

Joël Mariojouls

13 mai 2016

LE FEUILLETON SUR TWITTER

(effectué en direct par Joël Mariojouls)

1-Bon. Déjà 20 minutes de retard pour le Conseil communautaire de GPSO de ce jour à Gargenville.

2-Mise en scène pour le nouveau logo. Euh… mise en Seine ! Le trait bleu représente la Seine!

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3-Le public a même droit à un cadeau ! Yes !

4-On comprend rien…sur la délibération concernant le vote de représentants de la CU dans un organisme HLM…les journalistes n’ont pas les infos.

5-On n’entend rien, râlent les journalistes…le public, qui est derrière, non plus.

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6-Pierre Bédier lit souvent le journal pendant les débats. Quand il présente sa délibération, le groupe ISO sort à son tour le journal.

7-Il est vrai que passer son temps à regarder son portable ou lire le journal quand il y a des débats, ça énerve! Même le public !

8-Un conseiller se plaint de ne pas être informé du périmètre exact des compétences…de n’avoir rien à faire en commission…et d’être payé.

9-Le groupe Démocratie et Solidarité s’abstient sur le développement agricole durable…la commission environnement ne s’est pas réunie et le vice-président n’a pu s’exprimer.

10-Nathalie Coste pose une question orale sur le personnel. C’est possible dans la CU. Alors que, lors du conseil  municipal de Mantes-la-Jolie, le maire la résume à sa sauce.

 

Groupe « Citoyens pour un territoire solidaire et écologique »

Question orale posée par Nathalie Coste

Objet : organisation des services de la Communauté urbaine et conditions de travail des agents

Monsieur le Président,

Après 5 mois d’exercice et compte tenu de l’absence de réponse formelle à l’interrogation formulée par une de nos collègues lors de deux conseils communautaires, nous souhaitons obtenir à l’occasion de cette question orale, des éléments concernant l’organisation des services de la Communauté Urbaine ainsi que des précisions sur les conditions de recrutement et de travail des différents personnels.

A cet effet, il nous paraît nécessaire que vous produisiez à l’attention des élus, un rapport de présentation et d’organisation des services, avec organigramme, ainsi que la liste des différents sites opérationnels et techniques.

En outre, compte tenu des interrogations existantes à ce jour, nous aimerions connaitre :

  • la réalité de l’affectation des personnels dans la nouvelle structure

  • l’état d’avancement du dialogue social notamment sur la permanence des acquis sociaux antérieurs des personnels

  • la date d’installation des instances dont le CHSCT .votre réponse aux revendications des représentants syndicaux concernant les conditions de travail des agents et particulièrement ceux affectés dans les locaux de Flins, sur le site de Renault.

  • la situation du service urbanisme (combien d’agents intégrés à ce jour, et à quelles conditions (salaires et avantages)

Soucieux de nous faire l’écho des interrogations des personnels et de la volonté des élus de mieux appréhender l’organisation mise en place de notre nouvelle structure communautaire, nous vous remercions par avance de l’attention que vous voudrez bien porter à ces interrogations.

…Et pour finir

Le résumé d’un des courageux et consciencieux membres du public :

Le titre qu’on peut donner à ce conseil est  absence :

 

* absence de ponctualité : 30 minutes de retard pour le commencement du conseil ( deux élus de Mantes sont arrivés avec une heure de retard);

 

* absence de motivation: certains n’ont pas arrêté de jouer avec leur portable ou lire La Gazette;

 

* absence de réponses précises;

 

* absence de concertation préalable;

 

* absence de d’exactitude dans le comptage des voix;

 

* absence de  transparence dans l’octroi des subventions;

 

La rigueur doit être à la hauteur des indemnités (1 223 836 € par an).

GPS&O mon amour – La Communauté urbaine vue de l’intérieur

Précédemment dans GPS&O

Depuis le début, la Communauté urbaine GPS&O c’est : peu de démocratie et beaucoup de petits et grands arrangements, des orientations non discutées mais bien prévisibles, beaucoup d’incurie et d’approximations dans le « management », avec son cortège d’angoisse, de brimades ou d’incertitudes pour beaucoup de salariés, spécialement de l’ex-CAMY, considérés par le nouveau pouvoir comme complices de l’ancienne direction (celle qui a refusé de se livrer pieds et poings liés au désormais célèbre « Tonton Pierre »). Nous avons reçu ce texte, coup de gueule argumenté, venu de l’intérieur de GPS&O, et qui traduit bien à la fois un ressenti, une révolte et une volonté de ne pas se laisser faire. Nous le publions bien volontiers.GPSO petit logo

GPSO, mon amour

21 janvier 2016, élection du président Tautou. Son équipe est élue au Conseil Communautaire suivant, le vendredi 29 janvier. L’équipe est en place, les vice-présidents sont nommés, euh pardon, élus, la cour s’organise…

Pendant ce temps-là, et ce depuis des semaines déjà, les agents attendent…de savoir où ils travailleront, avec qui, je ne parle même pas du « pourquoi », une feuille de route, un projet, c’est de l’histoire ancienne, ici, à la GPSO, on la manage, on la gère l’équipe GPSO, aux quatre coins d’un territoire on les fait mitonner les agents…..dans une attente insupportable, avec un mépris éhonté….mais avec des PowerPoint dernier cri…

Ces agents se sont pourtant préparés, ils ont blindé les projets, on leur a promis que tout ce qui était en cours perdurerait au moins en 2016… Sauf que, sans « bon de commande », ils sont bloqués les projets. Sauf que ces « bons de commande », il vous faut à nouveau les justifier, les défendre auprès de supérieurs qui partent du principe qu’avant eux c’était le Moyen Âge, et qu’ après eux c’est la fin du monde… Sauf que la fin du monde, pour l’instant, c’est eux.

Alors on défend, mot à mot, face à des personnes arrogantes et suspicieuses, tous les choix pourtant entérinés par l’équipe précédente…mais c’est bien là le péché originel : le projet était soutenu par l’équipe précédente… Et si on a enfin obtenu le sésame pour ce fameux « bon de commande », on se heurte à des entreprises qui ne veulent plus travailler avec vous. Cela va du chlore de la piscine à l’accordage des pianos! Dans de nombreux domaines, certains fournisseurs attendent depuis des mois d’être payés! Parfois ils avaient accepté de travailler sans « bon de commande » pour faire face à l’urgence, et  ils attendent d’être réglés  (il peut s’agir de milliers d’euros). En attendant, ils ne bossent plus avec vous. Quand ils arrivent encore à bosser et à ne pas mettre la clef sous la porte!

Pendant ce temps-là, Monseigneur Frangville refait l’intérieur de sa voiture de fonction, change les 4 pneus neige, c’est vrai qu’avec les hivers rigoureux de ces dernières années, faut prévoir… Il l’a fait où son bon de commande lui? Il a obtenu quand, comment et par qui l’aval de son projet de rénovation de sa voiture? Il a pas eu de problème pour faire régler sa facture? Étrange système qui s’empresse de voter les indemnités des présidents et vice-présidents, délégués et élus, puis prévoit de voter les indemnités de déplacement de ces mêmes élus sans plafond*, mais qui n’est pas capable de régler la facture de chlore pour la piscine communautaire ou celle du traiteur qui nourrit les artistes venus donner un concert. Bah non, désolée, le catering, y’en a pas. Bah, le traiteur, il veut plus venir, ses dernières factures ne sont pas payées…vous voulez un verre d’eau avant de monter sur scène? 10683763_814966175233994_1103416274_n

Et pendant ce temps-là , on organise à grand frais (98 000€) de belles soirées d’inauguration aux élus et aux agents, avec les meilleurs champagnes… Sauf que c’est pas du champagne qu’il faudrait, mais de l’huile dans les rouages, une vrai volonté politique que cette CU fonctionne et que le budget 2016 de cette belle Communauté Urbaine ne passe pas en indemnités journalières de factures impayées…  Mais les seuls qui s’en préoccupent, ce sont les agents qui, sur le terrain, essayent malgré toutes ces incohérences et aberrations, de sauver un bout de CU… Et au bout de la chaîne, c’est le contribuable qui va payer les frais de GPSO mon amour…

Aimé Tudor

 * Suite à des protestations, notamment du groupe Citoyens …, cette mesure sera partiellement abandonnée – voir sur notre site le récit de la séance du 24 mars de GPS&O.

Et pour ceux qui auraient des doutes sur notre impartialité (mais est-ce le problème en l’occurrence), voici un extrait d’un tract des territoriaux CGT 78 rendant compte d’une rencontre avec la direction de GPS&O (Tautou, DRH, etc.) :GPSO Tautou

Mme Champagne : « Nous ne sommes pas en capacité de vous remettre un organigramme »…« On n’a pas encore la liste complète des personnels à jour » … êtes-vous en capacité de nous donner les lieux d’affectation des agents ? « Non » Vous ne savez donc pas où travaillent les agents !!! « Non, les Directeurs de pôle savent mais pas en DRH » !!! « Les lieux d’affectations ne sont pas encore totalement arrêtés et définitifs ». « Il reste encore une quinzaine d’agents à affecter sur des postes, tous le seront » « La reprise de paye enjanvier fut très compliquée » Existe-t-il un intranet afin de pouvoir communiquer en direction des personnels ? « Non pas pour l’instant, les agents ont gardé les anciennes adresses mail ».
La mise en place de GPSO : « C’est RUSTIQUE » ! Ce constatcgt territoriaux-couleur n’est pas celui de la CGT mais, hélas,celui du Président et de la DRH.
Que conclure ? Volonté politique de ne pas donner d’informations à la CGT ? Incapacité technique de faire une extraction d’un tableau Excel ? Une direction des RH dépassée par l’ampleur de la tâche ? Pour la CGT, nous qualifions plutôt les faits et les actes
de MALTRAITANCE et D’OPACITÉ !
Comment être bien dans sa tête et assurer ses missions quand : tu ne sais pas si ton poste est maintenu, si ton contrat va être renouvelé, un jour on te dit : tu déménages à Carrières, le lendemain, tu ne déménages plus, finalement si, tu vas à Aubergenville, oui tu vas bien être payé par la CU, sans affectation, va falloir que tu changes de métier, tes congés ??, tes RTT ??, ta mutuelle ??, ta NBI ??…etc… C’est pourquoi, nous avons demandé que soit mis en place un observatoire sur la santé des personnels et en particulier sur les RPS (risques psychosociaux).

GPS&O : débat d’orientation budgétaire – Ghislaine Senée

GPS&O : débat d’orientation budgétaire – Ghislaine Senée

Monsieur le Président,
Le débat d’orientation budgétaire est un moment important de la vie d’une institution. Celui-ci est d’autant plus important, aujourd’hui, puisqu’il s’agit de l’élaboration du premier budget de GPS&O et qu’il présage de votre capacité à impliquer l’ensemble des élus communautaires à son élaboration.
Bien évidemment, vu le contexte, l’exercice est particulièrement difficile.

Déjà à cause de l’État qui, par les baisses de dotation et leur ampleur ne nous aide pas beaucoup, mais aussi à cause du Département des Yvelines qui a décidé d’augmenter de 66% sa part sur la taxe foncière, vous coupant l’herbe sous le pied et nous savonnant la planche si je puis dire. Ceci est d’autant regrettable qu’un grand nombre des membres de votre exécutif siègent dans ces deux instances et qu’ils ne pouvaient ignorer l’impact de cette hausse sur les décisions budgétaires qui devront être prises ici à la Communauté urbaine, mais aussi au niveau des budgets de nos communes.

Imaginez si le Département avait décidé d’arrêter d’encourager et financer des projets routiers inutiles et polluants ? Imaginez les centaines de millions d’économisées si les projets de la déviation RD154 et du viaduc RD28/C13, qui doit passer au-dessus des communes de Gaillon et Hardricourt, étaient abandonnés.

Imaginez enfin les bénéfices pour tous les territoires des Yvelines si ce mont d’investissements (soustrait de quelques millions pour maintenir l’épargne brute) avait été orienté vers le renforcement de l’aide à la rénovation et l’enfouissement des voiries déjà existantes, le soutien à la proposition régionale de doubler le financement des contrats ruraux ou encore le maintien, voire le développement, du soutien aux associations qui agissent pour le vivre-ensemble et qui se battent pour ce territoire.

Pourquoi j’évoque ici ces sujets ? Tout simplement pour rappeler que le débat d’orientation budgétaire (DOB) doit nous permettre, en tant qu’élus, d’être éclairés, c’est-à-dire d’avoir toutes les informations nécessaires pour travailler sur des orientations budgétaires et sur la définition de priorités.

Or, à ce stade, vous avouerez que c’est le flou le plus complet.

Dans ce document de 12 pages, ne figure qu’une page et demie sur les éléments relatifs au budget primitif. 7 lignes sur l’investissement ! Aucun scénario proposé. Vous faites référence aux pactes fiscal et financier qui, vous le savez, n’ont jamais été entérinés par les élus, ni lors de la préfiguration, ni même remis en débat en conférence des maires depuis la création de cette instance.

Une seule chose est par contre très limpide dans ce document : sous couvert de la fameuse neutralité budgétaire, le maintien au recours à la fiscalité additionnelle vous semble inéluctable.

Nous sommes tous ici des élus locaux directement en lien avec nos populations. Nous savons tous, dans le contexte actuel, comment vont réagir nos administrés, qui n’en peuvent plus de voir leur fiche d’impôt inlassablement augmenter sans percevoir d’améliorations en termes de services publics. Vous êtes décidés à prendre ce risque. Soit. C’est vous la majorité.

Mais pour quel projet ? Avant de décider, quels efforts avez-vous envisagé de faire ? Quels leviers envisagez-vous de déclencher ? Quelles économies potentielles avez-vous ciblées ?
Le rôle d’un élu ici est de préparer l’avenir et engager des actions pour le logement, l’habitat, la transition énergétique, le développement économique local et l’emploi. C’est pourquoi il est primordial aujourd’hui de donner davantage de sens aux choix budgétaires et de les prioriser.

En pleine crise politique et de discrédit de l’action des élus, il ne faudrait pas alourdir la pression fiscale de nos administrés uniquement par manque d’imagination ou de capacité à changer de paradigme.

Nous avons besoin d’informations mais aussi d’indicateurs pour les projets d’investissements programmés et à venir, prenant en compte les enjeux climatiques, de long terme et leurs impacts en termes d’emplois.

Vous rendez-vous compte, qu’au bout de presque trois mois d’exercice, la commission environnement n’a toujours pas été installée ! Quel mauvais signal. Pourtant s’atteler urgemment à l’ouvrage, nous permettrait de dégager de grands axes en matière de transition énergétique, de développement de circuits courts alimentaires, de développement de projets d’économie  circulaire, de mobilités alternatives, tous créateurs d’emplois locaux. Et, pour en revenir aux recettes, au-delà de l’impôt sur les  ménages, qu’avez-vous prévu ? Quid de la mobilisation de fonds européens ? Pourquoi n’oseriez-vous pas le pari de financements alternatifs ? Il existe de nombreux appels à projets nationaux ou européens, il faut s’en emparer. Que ce soit dans la qualité de l’air, la réduction des déchets, l’énergie, l’innovation sociale, tous ces appels qui permettraient de trouver de nouvelles recettes, en promouvant des actions volontaristes pour notre collectivité et pour le bien de nos administrés.

Enfin nous devons impérativement rechercher la sobriété dans tous les projets. Indéniablement nous devrions collectivement trancher sur le  bien-fondé des investissements déjà engagés par nos anciennes intercos, au regard de l’intérêt général communautaire, social et des enjeux à long terme.

Nous devons aussi montrer l’exemplarité, notamment dans les dépenses de structures, de représentation et de communication.
Monsieur le Président, vous et vos amis  nous avez survendu cette intercommunalité dans son périmètre et sa forme juridique, malgré un calendrier intenable. On ne peut malheureusement plus faire machine arrière. Alors, de grâce, sortons de cette politique éculée et d’arrière-garde mise en place en Seine Aval depuis une décennie et qui n’a pas fait ses preuves. Osez le pari de l’audace et de l’innovation. Faites de cette communauté urbaine, une communauté exemplaire et réellement au service de ses habitants.

Ghislaine Senée

Intervention au nom du groupe Citoyens pour un territoire solidaire et écologique

Le 24/03/2016